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Ancien moulin des Amidonniers à Toulouse en Haute-Garonne

Patrimoine classé Patrimoine rural Moulin Moulin à eau

Ancien moulin des Amidonniers à Toulouse

    37 Rue des Amidonniers
    31000 Toulouse
Propriété d'une association
Ancien moulin des Amidonniers à Toulouse
Ancien moulin des Amidonniers à Toulouse 
Ancien moulin des Amidonniers à Toulouse 
Ancien moulin des Amidonniers à Toulouse 
Crédit photo : Didier Descouens - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1790
Destruction du moulin à papier
1791-1798
Reconstruction et filature
1833
Modernisation par Edmond de Planet
1854
Incendie et reconstruction
1922
Fin de l’activité industrielle
1991
Inscription aux Monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures (cad. AD 425, 426) : inscription par arrêté du 6 février 1991

Personnages clés

Louis Lorié - Marchand papetier Constructeur du moulin initial détruit en 1790.
François Plohais - Industriel Acheteur en 1797, créateur de la filature.
Edmond de Planet - Entrepreneur Modernisateur de l’usine en 1833.

Origine et histoire

L’ancien moulin des Amidonniers, construit à la fin du XVIIIe siècle à Toulouse, était à l’origine un moulin à papier détruit par une crue en 1790. Rétabli en 1798 par François Plohais, il devint une filature de coton équipée d’une roue à aubes, puis fut modernisé en 1833 par Edmond de Planet avec des machines anglaises. Ce site industriel polyvalent abritera successivement une manufacture de bleu de pastel (Indigoterie impériale), une fonderie, une teinturerie, et une fabrique de pâtes alimentaires jusqu’en 1922.

Le bâtiment, caractéristique de l’architecture fonctionnelle toulousaine (briques, tuiles, avant-toit débordant), fut cédé en 1939 au diocèse de Toulouse. Transformé en église Saint-Paul après 1964, il fut inscrit aux Monuments historiques en 1991 pour ses façades et toitures, témoignant de l’adaptation du patrimoine industriel à un usage religieux. Son emplacement en bordure du canalet, avec des fondations plongeant autrefois dans l’eau, rappelle son origine hydraulique.

À l’intérieur, la salle des meules, située en contrebas, conserve deux grands arceaux de brique, vestige de son activité meunière initiale. Les étages, largement cloisonnés lors des occupations successives, ont vu leur niveau surélevé d’un mètre. Ce moulin incarne l’omnibus hydraulique urbain, modèle économique où la ville de Toulouse concédait gratuitement des terrains aux industriels pour stimuler l’activité locale.

Victime d’un incendie en 1854, l’usine fut reconstruite par Edmond de Planet, qui y diversifia la production (machines agricoles, gluten, amidon). Après son abandon industriel en 1922, le site fut confié aux sœurs des Missions étrangères, puis à la paroisse Saint-Paul. Aujourd’hui, il allie héritage technique — visible dans sa structure d’origine — et fonction cultuelle, tout en restant un rare exemple d’industrialisation précoce à Toulouse.

La protection de 1991 a permis une rénovation inaugurée en 1995, préservant un édifice emblématique du quartier des Amidonniers. Son histoire reflète les mutations économiques (du papier aux pâtes alimentaires) et sociales (de l’usine à l’église) de Toulouse entre le XVIIIe et le XXe siècle.

Liens externes