Frise chronologique
1790
Destruction du moulin à papier
Destruction du moulin à papier
1790 (≈ 1790)
Crue détruisant le moulin initial de Louis Lorié.
1791-1798
Reconstruction et filature
Reconstruction et filature
1791-1798 (≈ 1795)
Rétabli par Plohais, transformé en filature de coton.
1833
Modernisation par Edmond de Planet
Modernisation par Edmond de Planet
1833 (≈ 1833)
Introduction de machines anglaises dans la filature.
1854
Incendie et reconstruction
Incendie et reconstruction
1854 (≈ 1854)
Usine reconstruite après un sinistre majeur.
1922
Fin de l’activité industrielle
Fin de l’activité industrielle
1922 (≈ 1922)
Cession aux sœurs des Missions étrangères.
1991
Inscription aux Monuments historiques
Inscription aux Monuments historiques
1991 (≈ 1991)
Protection des façades et toitures du bâtiment.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures (cad. AD 425, 426) : inscription par arrêté du 6 février 1991
Personnages clés
| Louis Lorié - Marchand papetier |
Constructeur du moulin initial détruit en 1790. |
| François Plohais - Industriel |
Acheteur en 1797, créateur de la filature. |
| Edmond de Planet - Entrepreneur |
Modernisateur de l’usine en 1833. |
Origine et histoire
L’ancien moulin des Amidonniers, construit à la fin du XVIIIe siècle à Toulouse, était à l’origine un moulin à papier détruit par une crue en 1790. Rétabli en 1798 par François Plohais, il devint une filature de coton équipée d’une roue à aubes, puis fut modernisé en 1833 par Edmond de Planet avec des machines anglaises. Ce site industriel polyvalent abritera successivement une manufacture de bleu de pastel (Indigoterie impériale), une fonderie, une teinturerie, et une fabrique de pâtes alimentaires jusqu’en 1922.
Le bâtiment, caractéristique de l’architecture fonctionnelle toulousaine (briques, tuiles, avant-toit débordant), fut cédé en 1939 au diocèse de Toulouse. Transformé en église Saint-Paul après 1964, il fut inscrit aux Monuments historiques en 1991 pour ses façades et toitures, témoignant de l’adaptation du patrimoine industriel à un usage religieux. Son emplacement en bordure du canalet, avec des fondations plongeant autrefois dans l’eau, rappelle son origine hydraulique.
À l’intérieur, la salle des meules, située en contrebas, conserve deux grands arceaux de brique, vestige de son activité meunière initiale. Les étages, largement cloisonnés lors des occupations successives, ont vu leur niveau surélevé d’un mètre. Ce moulin incarne l’omnibus hydraulique urbain, modèle économique où la ville de Toulouse concédait gratuitement des terrains aux industriels pour stimuler l’activité locale.
Victime d’un incendie en 1854, l’usine fut reconstruite par Edmond de Planet, qui y diversifia la production (machines agricoles, gluten, amidon). Après son abandon industriel en 1922, le site fut confié aux sœurs des Missions étrangères, puis à la paroisse Saint-Paul. Aujourd’hui, il allie héritage technique — visible dans sa structure d’origine — et fonction cultuelle, tout en restant un rare exemple d’industrialisation précoce à Toulouse.
La protection de 1991 a permis une rénovation inaugurée en 1995, préservant un édifice emblématique du quartier des Amidonniers. Son histoire reflète les mutations économiques (du papier aux pâtes alimentaires) et sociales (de l’usine à l’église) de Toulouse entre le XVIIIe et le XXe siècle.